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Je ne serais pas la même personne sans la kinésio.

  • Photo du rédacteur: Laetitia Navarro
    Laetitia Navarro
  • 12 janv.
  • 3 min de lecture

Et je le dis aujourd’hui avec simplicité, sans pathos, sans héroïsme. Juste avec lucidité.

Comme beaucoup, je suis née dans un environnement où l’on ne parlait pas des choses importantes. Une famille marquée par les non-dits, les secrets, la honte, le jugement. Un cadre dans lequel on n’apprenait pas à aimer librement, sans condition, sans critique.

À 18 ans, je suis partie. J’ai fui. Et j’ai longtemps confondu liberté et excès : trop de sport, trop de sorties, trop de relations, trop de tout. Derrière cette agitation, il y avait une colère immense — dirigée contre le monde, mais surtout contre moi-même.

Puis un jour, on m’a parlé d’un médecin traditionnel chinois. Dans sa salle d’attente, on entendait des cris, des pleurs, des soupirs. J’y suis allée tendue, presque sur mes gardes. Et pourtant, une fois sur la table, quelque chose s’est posé. Mon corps semblait connaître le chemin. Comme s’il savait déjà.

Ce praticien m’a aidée un temps, en douceur, en profondeur. Mais c’est plus tard, que j’ai découvert la kinésiologie.

Je ne savais pas ce que c’était. Et pourtant, ce fut une révélation.

Là où d’autres approches touchaient juste sans faire remonter les choses, la kinésiologie utilisait mon corps comme une boussole. Je n’avais pas besoin de raconter, d’expliquer, de justifier. Mon corps parlait pour moi, sans filtre, sans pudeur, sans peur du jugement.

Pendant plus de deux ans, j’y suis retournée régulièrement. J’y ai déconstruit, un à un, des schémas qui ne m’appartenaient plus.

Ce travail a été un véritable ménage intérieur.

Lorsque j’ai souhaité devenir mère, la kinésiologie m’a accompagnée autrement. Avec une intention claire : ne pas transmettre un sac à dos déjà trop lourd à mon enfant. Alléger. Nettoyer. Libérer ce qui pouvait l’être.

Bien sûr, ma fille m’a appris que la quête de perfection est illusoire. Mon fils, lui, m’a renvoyé de plein fouet la colère que je portais encore profondément.

Je savais que je n’étais plus à ma place.

Alors je me suis formée. Deux années de formation, à raison d’un module par mois. Du temps pour travailler sur moi, intégrer, expérimenter, pratiquer. Remplir ma boîte à outils, mais surtout transformer ma posture.

Je me suis certifiée en 2019. J’ai ouvert mon cabinet un an plus tard.

Aujourd’hui, je sais que je suis sur mon chemin. Quand des enfants s’endorment sur ma table. Quand des adultes se détendent sans même comprendre comment. Quand des corps me livrent leur histoire sans un mot, dans une confiance totale.

J’accompagne des femmes et des hommes aux parcours cabossés, qui tiennent debout malgré tout. Ce matin, j'ai reçu la plus sage de mes clientes, elle a 84 ans. Et je ressens une profonde humilité à pouvoir être là, simplement, à leurs côtés.

Cet article est un message d’humilité, justement.

Je crois profondément qu’il existe en chacun de nous une puissance de vie immense — biologique, intelligente, autonome. Une force qui ne demande pas à être dominée, mais reconnue. Écoutée. Respectée.

Il s’agit parfois d’accepter une forme de soumission — un mot que j’ai longtemps rejeté — non pas aux autres, mais aux lois naturelles et aux lois du vivant. On ne demande pas à un arbre de donner des pommes en hiver.

En dehors de la vie, il n’y a rien de vrai.

Alors, si j’accorde autant d’importance à l’intelligence corporelle, c’est pour cette raison là : elle me permet de revenir à l’essentiel, de quitter les réponses toutes faites et de choisir une voie plus exigeante…mais infiniment plus vivante.

 
 
 

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