Passer du « je dois » au « je choisis »

Nous passons beaucoup de temps à répondre aux attentes, à vouloir bien faire, à anticiper, à contrôler…mais au fond, combien de nos choix sont vraiment les nôtres ?
Et si apprendre à écouter notre corps nous permettait de sortir de nos automatismes pour retrouver un peu plus de liberté ? Ces dernières semaines, entre l'actualité, mes formations et mes propres expériences, cette question n'a cessé de revenir.
Quand les émotions prennent toute la place
Les récentes manifestations lycéennes ont réveillé beaucoup d'émotions.
Colère, peur, incompréhension, sentiment d'injustice, besoin de se faire entendre… Chacun réagit avec son histoire, ses convictions, ses ressentis.
Et c'est bien normal !
Mais une question m'interpelle : comment préserver notre espace de sécurité quand tout s'agite autour de nous ?
Car si nous ne choisissons pas toujours ce qui nous arrive, nous pouvons apprendre à reconnaître ce qui se passe en nous pour mieux choisir notre réponse.
Et notre corps est souvent le premier à nous alerter.
Sortir du triangle de Karpman pour retrouver son pouvoir d'agir
J'ai récemment animé trois journées de formation sur le harcèlement entre enfants.
Un sujet passionnant, complexe, parfois bouleversant.
Nous avons notamment exploré le triangle dramatique de Karpman, un modèle qui décrit trois postures relationnelles : Victime, Persécuteur et Sauveur.
Trois rôles dans lesquels nous pouvons tous nous retrouver, parfois sans même nous en rendre compte.
Prenons un enfant qui subit des moqueries répétées.
Bien sûr, il est indispensable de l'écouter, de le protéger et d'agir pour faire cesser ces comportements. La responsabilité du harcèlement appartient à ceux qui le commettent.
Mais si nous ne voyons cet enfant qu'à travers son statut de victime, ne risquons-nous pas d'oublier ses ressources ?
Avec les participants, nous avons notamment expérimenté le jeu de l'idiot.
Le principe ? Dans certaines situations de moquerie, répondre de manière inattendue, parfois avec humour, plutôt que de se justifier ou d'entrer dans le rapport de force.
L'objectif n'est pas de gagner contre l'autre.
C'est de retrouver une liberté de réponse.
J'aime l'idée d'aider un enfant à comprendre qu'il n'est pas ce qui lui arrive et qu'il peut retrouver du pouvoir d'agir.
Et nous, adultes ?
Face aux tensions, aux comportements des autres, aux événements qui nous échappent, nous pouvons aussi nous sentir impuissants, révoltés ou envahis.
Mais sommes-nous toujours conscients de ce qui nous fait réagir ?
Est-ce une peur ? Une croyance ? Un besoin de reconnaissance ? Une ancienne blessure ?
Et si, avant de chercher à changer ce qui se passe à l'extérieur, nous commencions par observer ce qui se passe à l'intérieur ?
Reprendre sa juste place, ce n'est pas tout contrôler.
C'est apprendre à reconnaître ce qui nous appartient, ce qui ne nous appartient pas et ce sur quoi nous pouvons agir.
Notre corps peut devenir un précieux allié dans cet apprentissage.
Mon corps, ce grand professeur !
Il y a quelques jours, lors d'un atelier organisé par Femmes des Territoires, j'ai découvert La Pépite, un jeu créé par Aurélie Pégot.
Le jeu m'a posé cette question : « Qu'est-ce que ton corps ne digère plus ? »
Et là, surprise !
Ce sont mes anciens doudous émotionnels : l'alcool, le Nutella, le café…
Ces petites choses vers lesquelles je me suis longtemps tournée pour me réconforter, m'offrir une parenthèse ou partager un moment.
Des habitudes que mon mental associait au plaisir, à la vie sociale, parfois même à une récompense.
Mais aujourd'hui, mon corps m'invite à répondre à mes besoins autrement.
À bientôt 48 ans, mon corps continue de m'apprendre à mieux me comprendre !
Ce qui me convenait hier ne me correspond pas forcément aujourd'hui.
Mes besoins évoluent. Mes habitudes aussi.
Et je peux choisir de ne plus fonctionner uniquement par automatisme.
Mon corps reste pour moi une précieuse source de liberté, de sagesse et de stabilité.
Et vous, qu'est-ce que votre corps ne digère plus ?
Une habitude ? Une relation ? Une obligation ? Une situation que vous continuez à accepter alors que votre corps vous envoie des signaux d'inconfort ?
Prenez un instant pour vous poser trois questions :
Qu'est-ce que je fais aujourd'hui par obligation plutôt que par choix ?
Comment mon corps réagit-il lorsque j'y pense ?
Quel petit changement pourrais-je m'autoriser ?
Pas besoin de tout révolutionner !
Parfois, reprendre sa juste place commence simplement par écouter un signal, poser une limite, demander de l'aide, ralentir ou oser dire non.
Et si nous arrêtions de chercher toutes nos réponses à l'extérieur ?
Parce que quand le corps parle, tout devient plus clair. 🌱 Bien à vous, Laetitia



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